red-stars-70-angelique-roy-07-big

Alerte rouge sur l'Occident!

Avis de tempête sur ciel serein!

Pic de pollution inégalé attendu à partir de cet Automne et jusqu’à une date indéterminée!

L’apocalypse est pour Novembre.

Amis, fuyez lorsqu’il est encore temps.

Tremblez hommes sages et vertueux, tremblez les canailles, tremblez les corrompus, la bête aux mille visages est de retour: La Marquise des Anges se repointe.

A croire que nous nous trouvions en manque, à croire que nous nous languissions, à croire qu'il nous prenait des vapeurs de chaisiéres, des émois de pucelles lorsque le sang soudain porte au coeur, coquettes ces roseurs de tendrons si fugitives, si furtives, qu'elles évoquent l'onde d'une rivière, bref que salement fébriles, nous ne nous tenions plus ou alors bien mal à l'idée de voir débarquer sur nos écrans la Comtesse de Peyrac.

Ca fait quoi ? A peine cinquante ans que dure son Barnum?

Cinquante ans qu'elle fait pleurer les filles et les garçons sensibles, cinquante ans qu'elle alimente les fantasmes mammaires des males en rut, la péruquée du XVIIe- le Siècle, pas  l’arrondissement. 

Cinquante ans qu’elle nous rejoue « Adieu-je reste », la copine à Louis le Grand –le Roi, pas le bahut.

A la longue la Marquise dérange.

Cinq films furent tournés entre 1964 et 1968 et si l'actrice principale ne s'était pas chopé un melon à ne plus passer sous les arcs d'un triomphe qui faute de lui ouvrir les portes d'Hollywood, la condamna pour toujours à l'anonymat étincelant dans lequel se fanent et se figent ces comediens d'un seul rôle dont on ne se rapelle jamais le nom, nous y serions encore.

Est ce que vous imaginez les chef d'oeuvres auxquels nous avons échappés?

" Angélique se rebiffe", " Du mouron pour Angélique", " Angélique perdue dans Manhattan", " Angélique contre attaque"," La ménopause d'Angélique", " Quand Angélique rencontre Rocco Siffredi", " Le fils de la revanche du retour d'Angélique", " Angélique à l'hospice"!

Bernard Borderie il s'appelait le tacheron à la barre de l"épopée, un type puissant, prolifique, inspiré, qui de toute sa carrière ne torcha que des torchons.

Il avait du reste bien mal commencé le Sieur Borderie et encore plus mal fini. Son premier court s'intitulait " La fabrication du savon"- cinq ans après Auschwitz, fallait oser-, son dernier outrage à la magie des Lumières, " Gaston Phoebus", un machin plein de mec en collants moule bites avec Thierry la Fronde dans le rôle titre.

Entre les deux rien que du lourd, du pénible, du béotien. Les titres parlent d'eux même, " Les loups chassent la nuit", " Tahiti ou la joie de vivre", " 7 hommes et une garce" et l'inénarable " Les femmes s'en balancent".

Le cinoche de grand papa en somme, des audaces grand public, de celles qui t'en touchent une sans deranger l'autre, des décors de studios fleurant la colle et le Ripolin, des postiches et des fards, l'art de l'artifice et du faux semblant, le trompe l'oeil érigé en charte, en rite, en tradition, l'antithèse absolue de la nouvelle vague.

Mais assez distrayant encore ce bon vieux cinoche.

Faut dire qu'à coté des pensums filmés par Rivette ou Rhomer, rayons péripéties,  les aventures d'Angélique de Sancé de Monteloup, Comtesse de Peyrac, Marquise du Plessis Bellière et reine des gourdes,  c'est " Dallas"!

Ils n'y sont pas allé avec le dos de la main morte les gonzes, question rebondissements.

Et qu'elle découvre un complot visant à empoisonner Louis XIV, un jour que planquée derrière des rideaux elle matait deux vieux en train de s'astiquer la prostate, la Marquise, et qu’elle épouse contrainte et forcée un Robert Hossein à peine largué par toi, le venin, la plus jeune et la plus belle des soeurs Poliakoff, et qu’elle se met à l’aimer son Azeri d'Aubervilliers, juste pile poil au moment ou rudement jalmince, le roi Soleil l'envoie se faire griller la couenne sur la place de l'hôtel de ville sous les balcons éffarés de la mère Delanoë.

Et qu’elle devient truande, aubergiste, chocolatière à la mode, danseuse nue au « Crazy », la Marquise.

Non, ça c’est Lova Moore, je me trompe d’andouille.

Et qu’elle refait fortune, qu’elle épouse son cousin, qu’elle séduit le big boss de Vegas-en-Yvelines,et qu’elle réchappe aux poisons de la Montespan.

Et puis chouette, alors que tout le monde commence à roupiller, survient un clifhanger de la-mort-qui-tue, elle découvre, la Marquise, elle decouvre, tenez vous bien, que Joffrey "va-mon-amour-sauve ton-bateau » n'est pas aussi mort que des comploteurs complotants veulent bien le lui faire croire. Du coup elle part à sa recherche en Méditerranée alors que même pas elle sait nager, la conne.

Remarquez ce n’est pas grave, cette nana là peut pas couler, les flotteurs sont d’origine ! 

On la razzie, on la torture, la Marquise !

« -Non pas les chats !
« - Ok, Marquise, pas les chats, mais tu permets qu’on te viole un petit peu!
« - Bin oui, couillon, c’est marqué dans mon contrat ! Un viol toutes les vingt minutes, sinon le public s’emmerde et il va voir les miches à Bardot.

Et qu'on la vend aux enchères comme un vulgaire chameau, la Marquise, et qu' on l’enferme dans le harem du roi du Miquènéz, lequel cherche à la dompter, car il ne sait pas qu’elle est indomptable, Angélique, il n’a pas lu le scénar ce gros bourrin.

Et puis hop, comme tout le monde en à marre de se dessécher en plein désert, on nous colle un happy end à la con qui la voit s'éveiller dans les bras de son amour, à bord d'un trois mats voguant vers le nouveau monde.

C’est plus un cheveu sur la soupe comme fin, c’est carrément la collection de binettes à Loulou 14eme du nom.

Putain de feuilleton ! Même « Plus belle la vie » fait pas plus fort de café !

Ecriture béton ! 

Pas étonnant vue la rafle de cerveaux qui s’est attelée à l’adaptation.

Jusqu'à « Alain-Decaux-radote » qui s'y soit collé. 


Et ce pauvre Pascal Jardin, dont le seul ratage est son fils, Alexandre.


Enfin, merde, ne me dites pas qu’il a encore des gens pour regarder ces machins?

Ariel zeitoun quoi qu'on dise semble y croire dur comme fer.

Ariel qui?

Cherchez pas, rien à voir avec la lessive, le mec n'a filmé que des barbituriques. 

" XXL", " Bimboland", " Yamasaki", " Le dernier gang", jugez du peu!

Des objets d'art, des pelloches de concours, des palmes du festival. C'est bien simple, à coté du Zeitoun, Ed Wood c'est Tarantino!

Bref, voila une dizaine d'année notre copain Ariel s'est mis en tête de rendre justice à la serie romanesque dont les premiers films s'étaient vaguement, mais alors très vaguement inspirés. 

Manque de bol, à peine cette idée de génie se fut elle allumée dans sa caboche de vendeur de soupe qu'il se trouva confronté à  une série de problèmes à faire passer les douze traveaux d'Hercule pour d'aimables petits jeux de cour de récré. 

 Non seulement la vielle Golon, l’auteure, en procès avec sa maison d'edition, ne se décidait pas à mourir, mais en plus elle avait entreprit de réécrire tous ses romans de la première à la dernière ligne en y ajoutant des tas de péripéties inédites, histoire de les rendre encore plus imbitables.


Et puis fallait la dégoter la nouvelle merveilleuse, indomptable chieuse!

Il n'allait quand même pas reprendre la mère Mercier dans l’état de décrépitude avancée ou cette dernière se trouvait, notre ami Ariel!

C'est bien simple on dirait une otarie avec une perruque, la Jocelyne, un varan coiffé par les soeurs Carita, un reproche vivant, le juste et atroce chatiment de nos branlettes d'adolescents!

Il se murmura un temps que Marceau pourrait incarner la " Nouvelle Angélique", mais quand la petite miss mamelles du cinoche Franchouillard eût enfin pigé qu'on ne lui proposait pas de jouer " La nouvelle Héloise" et qu'elle n'était pas prète d' annoner du Rousseau dans les pampres et mousses d'un chef d'oeuvre de posture intello, elle se facha tout rouge au motif qu'elle était une actrice, merde, qu'elle en avait sa claque de faire des rôles de putes, juste bonnes à tomber à la renverse pour que le bon public, qui du reste n'a acheté son billet que pour cela, puisse reluquer ses fonds de culotte, qu'elle entendait desormais se colleter aux grands destins du repertoire comme Isabelle Adjani dans " Camille Clodette", mais attention en moins chiant parce que toute clodette qu'elle fut la Camille ça ne l'avait pas empéché, elle, Sophie Marceau, née Maupu, de s'endormir comme un sac plein de conneries avant la fameuse scène de la baignoire et de l'ampoule.

Comme quoi c'est pas d'aujourd'hui qu'elle deraille la femme à Tarzan!

Marceau sur la touche, Béatrice Dalle et ophélie Winter entrèrent en lice.

On croit rêver!

Envisagez un instant la scène! L'ex héroine de "Classe mannequin", en robe d'or et perruque blond Vénitien, tout silicone dehors face au Roi Soleil.

« No soucy Loulou ! T’as transformé mon keum en méchoui , mais j’ kif ta race quand même ! Waooouuu Loulou, c’est ça la galerie des glaces ? Bé mon cochon, y en a des miroirs qu’on se voit dedans ! Mais les glaces, ou elles sont les glaces ? Je sucerais bien un "Magnum", miel-amandes, moi ! »

En fin de compte notre pote Ariel a choisi une quasi inconnue pour reprendre le flambeau naguère glorieusement brandi par la Niçoise au courbes si délicieusement Transalpines, Michele Mercier. 

Pas degueulasse à regarder cette Nora Arnzeder, cependant, la joliesse exquise de ses traits porte en elle même sa propre limite ; l’égale monotonie d’un paysage dépourvu d’imagination ou l’on aimerait trouver, dans une brisure infime des lignes, dans un hiatus léger des couleurs, quelque subtile irrégularité propre à en pervertir la pureté.

Probablement bonne comédienne au demeurant, je ne saurai me pronnoncer n'ayant vu aucun de ses films, pourtant je doute qu'aussi vaste que puisse être son talent, il ne suffise à faire oublier l'absence totale de génie dramatique dont faisait preuve Mademoiselle Mercier, ses yeux immenses tant et tant ecarquillés de voluptueuse sottise que l'iris en dévorait la prunelle, cette façon lascive, délicieusement Bardotesque de delivrer son texte comme si elle n'en comprenait pas le premier mot ou plutot comme si chaque mot embrassait un trouble, une ivresse, une équivoque; pas plus que les charmants bourgeons que Miss Arnzeder se plait à devoiler en couvertures des magazines de modes ne sauront faire oublier les vertiges de rondeurs tantot laiteuses, tantot rosées , tantot dorées, doux comme des dômes sculptés dans la chair fondante d’un savon de beauté, que sucitèrent dans nos âmes à peine pubères les seins majestueux de la seule, véritable, increvable Angélique.